Samedi 18 janvier

Nous quittons La Nouvelle Orléans et disons au-revoir à Roland et Jacqueline. Peut être les retrouverons nous plus loin !

Le pont Huey P. Long enjambant le Mississippi, est un pont en acier portant une ligne de chemin fer à deux voies avec trois voies de route de chaque côté des voies centrales.

Le pont Huey P. Long de 2,5 km
Les lignes de voies ferrées en hauteur

Nous parcourons la route des plantations de canne à sucre.

Les champs de coton sont plutôt au nord du côté de Memphis.

Beaucoup de maisons semblent assez pauvres.

En prenant la photo suivante, je me suis fait interpeller par le propriétaire, n’appréciant pas, à juste titre, mon intrusion photographique de sa vie privée.

Cette région de Louisiane est surtout peuplée par une forte communauté noire et c’est l’une des plus pauvres des États-Unis.

Avant de quitter La Nouvelle Orléans, je reviens sur les problèmes de sécurité que j’ai pu lire sur internet.

En 2005, l’ouragan Katrina, qui a ravagé La Nouvelle-Orléans, a tué près de 1800 personnes et chassé de la ville des milliers d’autres.

Tableau du musée « The Historic New Orleans Collection »

Paradoxalement, depuis l’ouragan Katrina, La Nouvelle-Orléans vit un boom immobilier sans précédent, mais continue de chasser les habitants les plus pauvres de la ville.

Reconstruction de rue

Avant Katrina, 45 % du parc locatif était composé de logements qui se louaient entre 300 $ et 500 $ par mois. C’était très abordable. Aujourd’hui, ces loyers sont de 750 à 1000 $. Pendant ce temps, le revenu moyen des ménages de la Nouvelle-Orléans est resté le même, à 37 000 $ par année,

Reconstruction de Quartier

Les gens qui étaient propriétaires étaient des ouvriers, ils avaient hérité de leur maison de génération en génération. Ils avaient assez d’argent pour survivre mais pas de « coussin » en cas de catastrophe.

Des sans abris avec des tentes

Maintenant, la Nouvelle-Orléans est bien partie pour reconquérir le titre peu glorieux de capitale du meurtre.

En effet 92 meurtres ont été recensés en l’espace de 6 mois en 2018, un chiffre en hausse de 30% par rapport à 2017.

Un chiffre important quand il est rapporté au nombre d’habitants : à La Nouvelle-Orléans, ville de 400 000 âmes, le taux d’homicide est quarante fois plus élevé qu’à Paris …

Beaucoup de vagabonds dans les squares

C’est en 1994 que La Nouvelle-Orléans a connu un pic, avant que la criminalité ne chute au tournant des années 2000. En 2005, ces progrès ont été réduits à néant par l’ouragan Katrina. Avec des milliers de maisons inoccupées et une police en sous-effectif, la cité est remontée en flèche dans le classement des villes les plus dangereuses des Etats-Unis.

Depuis 2012, le nombre de meurtres a de nouveau diminué, avec les actions politiques locales. La ville a augmenté les salaires des policiers et va en recruter d’autres.

Un taux d’alcoolémie qui nous semble important

Mais ce n’est peut-être pas suffisant pour corriger les nombreux maux dont souffre la ville. Ainsi, 39 % des enfants de la Nouvelle-Orléans vivent en dessous du seuil de pauvreté, un taux près de deux fois plus élevé que la moyenne nationale aux USA.

Les quatre quartiers les plus chauds de la ville concentrent 35% des meurtres, alors que n’y vit que 17 % de la population.

Dans ces quartiers, le taux de chômage et d’échec scolaire est deux fois plus élevé, et les revenus deux fois moindres que dans les autres quartiers de la ville. 

Enfant jouant de la batterie pour quelques dollars.

La Nouvelle-Orléans est aussi la troisième ville américaine où le nombre de « décrocheurs » est le plus élevé : 18,2 % des jeunes de 16 à 24 ans ont quitté l’école sans avoir trouvé un travail. Un chiffre d’autant plus inquiétant que ce profil correspond à 75 % des auteurs de crimes et délits aux Etats-Unis.

Les plantations étaient le long du Mississippi, afin de profiter de l’irrigation et du transport maritime pour les marchandises et les esclaves.

La plantation saint Joseph

Sur les 350 plantations qui existaient dans toute la région, il n’en reste plus maintenant qu’une dizaine.

Nous arrivons à la plantation Oak Alley.

Notre choix s’est arrêté sur ce lieu. Il faut bien en choisir un, on ne peut pas tous les faire et cette plantation a servi au tournage du film « Autant, on emporte le vent » de Victor Fleming en 1939.

Le « Grand Manoir » a été construit sous jacques Roman, grande famille notable en 1836. L’imposante bâtisse a été construite par les esclaves qui ont fabriqué toutes les briques à la main …

Jacques Telesphore Roman

Vingt-huit colonnes soutiennent la galerie extérieure à deux niveaux. 

Le « Grand Manoir »

Nommée pour l’élégante allée plantée de 28 chênes (Oak Tree, d’où son nom) de trois cents ans aujourd’hui, ce majestueux manoir de style néo-grec (1839) était au cœur d’une plantation florissante qui s’étendait sur plus de 450 hectares. 

Restaurée en 1925, la plantation Oak Alley symbolise la splendeur exubérante des anciennes plantations. 

Le salon
Salle à manger avec un ventilateur manuel actionné par les esclaves

Historiquement, c’était une petite maison de pionnier devant laquelle a été plantée une allée de 28 chênes sur 400 mètres en 1700, soit 140 ans avant la construction de « Grand Manoir ».

D’autres bâtiments sont ouverts au public, comme la forge et les quartiers des esclaves, et une exposition sur l’esclavage.

Une des habitations des esclaves

Au total, la famille Roman (frères et soeurs) « possédait » en moyenne 892 hommes, femmes et enfants.

L’espérance de vie moyenne d’un esclave de cette plantation dans les champs était de 17 à 38 ans.

Reconstitution d’une tente d’officier datant de la guerre de Sécession. Cette guerre qui a bouleversé l’histoire des plantations.
Rangée de magnolias sous les fenêtres du « Grand Manoir ».

Les champs de canne à sucre :

Le Mississippi de Tom Sawyer !

Nous nous arrêtons à seulement 30 km sur la commune de Thibodaux.

Nous nous laissons aller pour rentrer dans un petit restaurant typique de cette région.

Dans le restaurant Trudy’s

Rencontre avec des gens locaux qui s’essaient à nous parler français ! Ambiance « comme à la maison » !

Une cliente du restaurant

La patronne du restaurant (environ 70 ans) parlait parfaitement français. Elle nous a expliqué qu’elle a appris notre langue un peu sous la contrainte, car sa grand-mère lui donnait des claques si elle ne parlait pas français à la maison !

4 réflexions sur “Samedi 18 janvier

  1. Anne-Béatrice

    Bonjour à vous, Merci de tous ces éléments passionnants.

    Où avez-vous trouvé les taux de criminalité, de scolarisation etc ?
    Comment le gouvernement local communique-t-il sur la sociologie actuelle ?
    Comment se situe l’état du Mississippi par rapport au parti et au Président au pouvoir ?
    Y a-t-il des rotations de culture ? La canne à sucre épuise les sols en 5 à 7 ans…
    Comment les plantations que vous traversez, sont-elles cultivées aujourd’hui ?

    Merci de tout ce que vous récupérerez comme information en plus. Merci de toute façon et encore.

    Bises, Anne-Béatrice

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  2. Bonjour Anne-Béatrice, nos informations viennent principalement d’internet (Wikipedia, aricles de journaux et différents blogs). Ceci complété par des brochures obtenues lors de nos visites.
    Évidemment nous ne vérifions pas nos sources, nous compilons et synthétisons de notre mieux les articles par rapport à nos impressions …. Conclusion : ça ne reste que « de la petite information » qui prend déjà pas mal de temps à Éric qui se passionne pour celà en fonction des sujets traités.
    Concernant la politique et la communication des autorités locales, sans doute peut-on trouver ces informations sur le net, mais honnêtement Éric ne se voit pas y passer plus de temps en recherches supplémentaires, souhaitant privilégier des balades et visites ….
    Pour les plantations de cannes à sucre, nous avons l’impression qu’il y avait autant de cultures qu’auparavant, donc ils doivent sûrement traiter les sols chimiquement (au même titre que chez nous dans la Beauce…)
    Au final nous n’avons pas les réponses à toutes tes questions …. Ah par contre la visite nous a coûté 54 $ pour info !
    Bises à toi.

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    1. Anne-Béatrice

      Hello Sophie, Eric !
      Merci pour tous vos articles passionnants.
      😱😥 Il n’y avait pas de reproche ni même de regret derrière mes questions, juste une interrogation… désolée !
      Que vous trouviez tout cela sans y passer des heures de veille documentaire est déjà une réponse pour moi (😘).

      Merci du mal que vous vous donnez pour faire voyager aussi des gens comme moi.

      Et alors, votre embrayage tient la route ? La douche aussi ? Et les fourmis sont parties ? Bénédicte est bien rentrée au Canada ? Il y fait quelle température en ce moment ?

      En tout cas, vous semblez en forme. Tant mieux.

      Bises. Bonne route. Anne-Béatrice

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  3. Pas de souci Anne-Béatrice ! Je voulais simplement dire que finalement Éric passe plusieurs heures dans une journée pour effectuer ses recherches, mettre les photos (assujetties aux plus ou moins bonnes connexions) et rédiger ses articles. Du coup la journée passe vite !
    Concernant notre embrayage, pour le moment tout va bien on sent une réelle différence c’est rassurant.
    La douche c’est vrai que l’on a oublié d’en reparler mais elle ne fuit plus !
    Les fourmis on a continué à en trouver encore de temps en temps, mais là nous n’en voyons plus, ouf !
    Quant à Bérénice, ce week-end elle est allée faire du ski par une température de -30 degrés !!! Glacial ! Nous lui avons recommandé de compter ses orteils 😁…
    Bonne soirée. Bises à toi.

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